Les Archives du Pas-de-Calais (Pas-de-Calais le Département) - Le 03 juillet 2020 - 15h35
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L'exposition universelle Œuvre de fiction produite dans le cadre de l'option Littérature et société

Published the 1 août 2011 by Laurie Caillet et Antoine Houset, élèves de seconde au lycée Guy-Mollet d'Arras

Le 12 mai 1904, Arras.

Chère Louisette,

Tout d’abord, je te remercie pour ces places pour la pièce de théâtre : ce fut fantastique. Je suis arrivée à Arras ce matin, après une longue nuit de voyage en train. La gare est magnifique, à l’image du reste de la ville. Aujourd’hui, mon projet était de me rendre à l’Exposition Universelle d’Arras. Pour cette occasion, je m’étais vêtue de ma plus belle robe blanche et de mon chapeau à voilette le plus époustouflant. Sur la place de la gare, j’ai emprunté une voiture de place ; le cochet était charmant, il m’a offert un tour de la ville. Nous sommes ensuite allés sur la place des Héros où j’ai pu admirer le majestueux beffroi d’Arras surplombant la ville de son lion d’or. Ensuite, il m’a fait découvrir la Grand Place avec ses maisons particulières comportant des symboles qui m’étaient inconnus. Puis nous sommes allés du côté de la cathédrale gothique.

Je me suis ensuite rendue à l’Exposition vers onze heures. J’ai remercié le cochet et je suis descendue de la voiture.

J’ai pu contempler la prestigieuse entrée de l’Exposition. Je suis entrée par un des nombreux tourniquets enregistreurs. Arrivée à l’intérieur, j’ai été envoûtée par la musique qui provenait du kiosque. C’était quelques musiciens qui composaient un orchestre. Ensuite, j’ai visité le palais des industries diverses et je me suis acheté une belle paire de chaussures et un flacon de parfum. Je suis finalement tombée sur un des nombreux stands concernant l’habitat. Il y avait de beaux fauteuils qui trônaient au milieu de l’allée ainsi que de jolies coiffeuses.

Il venait de sonner treize heures quand je me suis dirigée vers le restaurant près du kiosque. J’ai dégusté un succulent plateau de fruits de mer et j’ai goûté un délicieux rosé.

Après le repas, je me suis rendue dans la partie centrale de l’exposition, appelée le Square, où se trouvait le palais algérien qui fait la renommée de l’exposition.

À l’entrée du palais, quelques Algériens nous accueillaient. A l’intérieur se trouvait une véritable caverne d’Ali Baba qui retraçait toute la vie culturelle, artisanale et administrative de ce pays. Non loin du pavillon algérien, il y avait un village sénégalais. J’ai trouvé cela fascinant et exotique bien qu’il ne me paraisse pas très juste d’enfermer des êtres humains ; cela n’avait pourtant pas l’air de déranger les autres visiteurs. J’ai pu contempler ces habitants : il y avait là une centaine de personnes. Ensuite, j’ai pu assister à un combat de lutteurs, et mon favori a gagné : il portait le numéro 7 et s’appelait Zakari.

Vers seize heures, je suis retournée au kiosque, plus particulièrement au café Maure où j’ai pu boire une boisson exotique appelée le Kaoua. Tout près, des enfants s’amusaient en glissant sur le toboggan.

Comme j’étais épuisée du voyage, je suis rentrée à l’hôtel pour pouvoir un peu me reposer et me préparer avant la pièce de théâtre. J’ai choisi de porter ma robe bleue et de détacher mes cheveux.

J’ai quitté l’hôtel vers dix neuf heures trente afin de me rendre à la représentation de la pièce : Les Surprises du Divorce, à laquelle j’avais été invitée par ta soeur. Elle a vraiment beaucoup de talent. C’est une pièce en trois actes où une douzaine d’acteurs met en scène la vie d’un couple au bord de la rupture. La femme, Diane, est mariée à un homme qu’elle trompe avec son meilleur ami, Champeaux. Le mari de Diane apprend alors la liaison et devient fou de rage. C’est une pièce qui m’a touchée car elle m’a rappelé le divorce de mes parents.

Après la pièce, je me suis baladée dans les rues illuminées d’Arras. Je suis passée par les places et leurs grandes arcades pour enfin regagner l’hôtel et t’écrire avant de me coucher.

Bien à toi,

Marthe.

 

Chère Louisette,

Je t’écris à nouveau avant que le voyage ne prenne fin. Durant ces derniers jours ont eu lieu les fêtes des 22 et 23 mai. J’ai choisi de t’envoyer cette carte car, comme tu as pu le remarquer, on me voit, regardant vers le photographe en robe du dimanche. L’homme qui prenait la photographie, Bernard Roubaix, s’est avéré être le fils du meilleur ami de mon père. Je l’ai rencontré alors que j’étais au marché. Nous sommes allés manger ensemble dans un petit restaurant au coin de la Petite Place où il m’a confié qu’il comptait retourner à Paris cette semaine pour passer le mercredi chez ses parents. Par la suite, nous avons passé une bonne partie de la semaine à discuter de notre enfance, de nos parents. Nous sommes même allés au cinémascope de l’Exposition mercredi après-midi puis il m’a offert le chapeau sublime que je porte sur la photographie. Ce fut un séjour merveilleux. Alors que nous étions retournés au village sénégalais qu’il n’avait pas encore visité, il me demanda de l’accompagner chez ses parents car il souhaitait me présenter à sa plus jeune sœur qui ne m’avait jamais rencontrée auparavant. Nous prendrons le train qui arrive à Paris mercredi matin. Nous nous reverrons probablement jeudi.

Bien à toi,

Marthe.

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Vue en coupe d'un pont sous-marin.

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