Les Archives du Pas-de-Calais (Pas-de-Calais le Département) - Le 10 juillet 2020 - 18h59
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Le 7 février 1917 : les enfants de la Lys

Le 7 février 2017

Afin de protéger les enfants résidant au plus près des lignes de feu ou dans des villes régulièrement bombardées, de nombreuses œuvres proposent de les évacuer à l’arrière proche comme dans d’autres départements.

C’est le cas notamment de l’Accueil français, initiative de la Fédération des amicales des instituteurs et institutrices de France et des colonies, ou encore de la Ligue fraternelle des enfants de France.

À côté de ces associations d’envergure nationale, des initiatives privées voient aussi le jour, comme celle créée par Rosemonde Lafont-Edwards, épouse du docteur Jacques Liouville. Cet éminent médecin naturaliste, océanographe et explorateur, beau-fils de Pierre Waldeck-Rousseau, est connu pour avoir participé à des expéditions en compagnie de son oncle Jean-Baptiste Charcot. Durant la guerre, ils explorent ensemble le pôle Sud à bord du "Pourquoi-pas ?", ce qui vaut à Jacques Liouville de recevoir la croix de guerre.

En attendant le retour de son mari, Rosemonde Liouville ne demeure pas inactive et décide de s’engager comme bénévole dans les hôpitaux de guerre. Infirmière-major à Hazebrouck, elle reçoit de nombreuses distinctions, dont la médaille Élisabeth des mains d’Élisabeth de Wittelsbach, reine des Belges. Le Figaro du 14 juin 1917 publie l’entrefilet suivant :

Voici le texte de la belle citation qui a motivé l’attribution à Mme Liouville, femme du docteur Jacques Liouville et belle-fille de Mme Waldeck-Rousseau, de la croix de guerre avec étoile en vermeil :

Le général commandant la région du Nord cite à l’ordre de la région Mme Jacques Liouville, infirmière-major de l’hôpital mixte d’Hazebrouck. Depuis mars 1915, près du front, consacre sa vie aux blessés civils de guerre, les soustrait au danger et leur assure des soins ; s’occupe plus spécialement des enfants qu’elle retire des zones exposées au feu de l’artillerie et place dans des familles.

Les 22 juillet et 23 décembre 1915, a pris part à des évacuations périlleuses, sous de violents bombardements ; les 10-11 et 12 mai 1917, a assuré des évacuations de nombreux civils blessés pendant le bombardement d’un village.

Parallèlement à son engagement médical, elle crée l’œuvre des enfants de la Lys dont le but est d’assurer un abri aux enfants de la vallée de la Lys, s’étendant d’Armentières à Béthune et autour d’Hazebrouck où est installé le siège de l’association. Cette zone sensible redevient particulièrement dangereuse en 1917 avec la reprise de violentes actions (notamment dans le secteur d’Hazebrouck, d’Estaires, de Sailly-sur-la-Lys, d’Erquinghem ou de La Gorgue, cibles de nombreux bombardements).

Suite à l’importante offensive allemande du printemps 1918, le danger se rapprochant chaque jour, les enfants provisoirement déplacés quelques kilomètres plus loin sont envoyés en avril 1918 vers le château de Tombebouc dans le département du Lot-et-Garonne. 

Béthune – Avis.

Le Maire de Béthune porte à la connaissance de ses administrés et des familles réfugiés des pays envahis, que l’œuvre "Les enfants de la Lys" a pour but de recueillir les enfants des pays dévastés et de leur créer un asile à quelque distance du village natal, afin de les mettre à l’abri de tout danger sans trop les éloigner de leurs parents. Ces enfants sont placés dans les communes de l’arrondissement d’Hazebrouck chez des habitants recommandés par Messieurs les Maires, où les parents peuvent les visiter quand ils le désirent.

L’œuvre prend tous les frais à sa charge c’est-à-dire pension, entretien, fournitures scolaires, médicaments, pendant la durée de la guerre. Les pupilles de l’œuvre pourront ainsi fréquenter l’école dont ils sont privés depuis deux ans et demi.

Une ou plusieurs personnes peuvent mettre un enfant à l’abri des obus moyennant quinze francs par mois, le Gouvernement prenant à sa charge la moitié de la pension qui est de trente francs par mois.

Pour le placement des enfants, les parents peuvent s’adresser au Secrétariat de la Mairie, qui leur donnera les renseignements nécessaires.

Nous recommandons chaleureusement cette prévoyante institution qui offre les moyens de sauver la vie de nos pauvres enfants, en les empêchant de devenir les grands mutilés moraux d’après-guerre.

Le Maire, 
Rinquin

Le Télégramme, mercredi 7 février 1917. Archives départementales du Pas-de-Calais, PG 9/27.

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