WIMEREUX - Brillante fête à l’hôpital anglais n° 8 – Bel exemple à suivre
Quelle belle cérémonie se déroula samedi dernier, après-midi, tout près de Wimereux, dans un paysage tout illuminé des reflets d’une mer ensoleillée, où la tonicité de l’air et toutes ses effluves généreuses viennent achever rapidement la guérison des blessés de nos braves alliés !
C’est là, en effet, à l’hôpital anglais n° 8, où tentes et baraquements sont alignés au cordeau, où l’art et la science médicales président si admirablement au fonctionnement des divers services, qu’une grande fête en faveur de nos chers blessés et de ceux de nos amis, avait lieu.
L’honorable directeur général du service de santé des forces militaires britanniques du corps expéditionnaire, M. Sawyer, avait convié les autorités militaires françaises, notre service de santé que représentaient MM. les médecins principaux Houillon, nouvellement arrivé à Boulogne, et Tedeschi, sans parler des autres chefs de services de santé de la Place.
L’éclat de cette cérémonie patriotique était rehaussé par l’éclat de la présence et par la présidence de S.A. la princesse Schleswig-Holstein, cousine germaine du roi d’Angleterre, de la comtesse Dudlay, dont le mari fut gouverneur de l’Australie, et fondatrice de l’hôpital australien de Wimereux, puis de Lady Hadfield également fondatrice d’un hôpital américain à Wimereux.
À 2 heures, de grands chars automobiles amenaient les blessés anglais et français, valides et ceux transportables, de tous les hôpitaux de Boulogne, qui furent placés en un vaste cercle autour de la tente quasi-royale, où le thé allait être servi.
À son tour, l’excellente fanfare du 5e territorial prenait place au milieu de ce cercle, et allait nous faire entendre les morceaux les mieux choisis de son répertoire.
Dans ce cadre imposant et majestueux à la fois, l’allégresse ne tardait pas à régner, tous les blessés semblaient humer avec joie les effluves de la mer bleue, caressantes comme un souffle de lèvres amies.
Le gouverneur de Boulogne, M. le colonel Daru, faisait bientôt apparition accompagné d’un officier d’ordonnance et du capitaine Robert qui a déjà acquis de si vives sympathies à Boulogne.
Soudain, l’hymne anglais retentit, saluant l’arrivée de S.A. la princesse de Schleswig-Holstein, escortée d’une nombreuse suite, et à qui M. le gouverneur alla aussitôt présenter ses hommages, puis tous les invités prirent place sous la tente.
La "Marseillaise", brillamment exécutée, soulève l’enthousiasme que l’on devine, puis le programme aussi artistique que merveilleusement exécuté par une pléiade d’artistes de tout premier ordre qui recueillirent des applaudissements aussi mérités que chaleureux. L’audition de la très populaire composition "La France en marche" de M. Waële, paroles de U. F. Vieux, enlevée avec un trio parfait, par la chorale et la fanfare, sous la direction de son distingué chef, M. Martin, recueillit des applaudissements nourris et fort bissés.
Vers 5 heures, cette petite fête prenait fin.
Les blessés, heureux du régal artistique qui venait de leur être offert, les poches bourrées de cigarettes et de friandises destinées à leurs camarades moins ingambes quoique non oubliés par la direction, remontaient dans les superbes voitures qui les avaient amenés et regagnaient leurs hôpitaux respectifs.
Les invités peu à peu s’essaimèrent avec les hautes personnalités civiles et militaires, commentant favorablement la superbe audition à laquelle ils venaient d’assister et M. le gouverneur, accompagné de M. le capitaine Robert et de son officier d’ordonnance, reprit en auto le chemin de Boulogne.
De tels spectacles sont réconfortants pour tous et nous devons remercier les autorités anglaises de nous avoir permis d’en être les heureux témoins.
SPECTATOR