Archives - Pas-de-Calais le Département
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Un document à l’honneur
Un exemple de dossier de dommages de guerre : les tissages Tripette et Renaud fils

Les dossiers de demandes d’indemnités pour dommages de guerre constituent une véritable richesse pour l’histoire locale. Multitude de renseignements y sont consignés avec soin, permettant une analyse approfondie d’un établissement d’avant-guerre et une photographie instantanée du mode de vie des habitants du Pas-de-Calais à cette époque.Pour compléter la fiche de recherche consacrée à ce sujet, nous vous proposons l’exemple d’un dossier conservé en sous-série 10 R 19, qui concerne l’entreprise de tissage Tripette et Renaud fils. Cet article a été écrit par Marianne Sala, que nous remercions chaleureusement. Les demandes d’indemnités pour dommages de guerreLa loi du 17 avril 1919, dite "charte des sinistrés", fonde le régime des indemnités de dommages de guerre, sur le principe général de l’égalité et de la solidarité de tous les Français devant les charges de la guerre.Dès 1920, les victimes des dommages de guerre, vols, saccages, bombardements ou encore réquisitions, déposent des dossiers de demandes d’indemnités en vue du remboursement de leurs biens. Selon leur statut, elles se regroupent en coopératives pour défendre leurs intérêts, ou utilisent des filières de reconstitution industrielle.Dans la partie dévastée du Pas-de-Calais, industriels, commerçants et artisans utilisent ces filières réparties par commissions cantonales, pour pouvoir reprendre leurs activités.Le dossier des tissages Tripette et Renaud fils au Transloy, trace d’une industrie oubliéeC’est dans ce cadre qu’est déposé le dossier de la "Société Tripette et Renaud fils, fabrique française de gazes à bluter à Le Transloy", sous le numéro 3580 (coté en 10 R 19/214).Cette curieuse industrie a été très éphémère : installée en 1911-1912, elle ne survit pas à la guerre. Sans le remarquable ensemble de documents du dossier, elle n’aurait laissé presque aucune trace, ce secteur du sud de l’Artois ayant connu une forte destruction d’archives.Une histoire très particulièreCette partie du département, sans grandes industries ni grosses villes, est depuis longtemps vouée au tissage, à la bonneterie, et à l’industrie agro-alimentaire, brasseries et sucreries. De petites "usines", souvent antennes de sociétés de Paris, de la Somme ou de l’Oise, s’implantent dès la fin du XIXe siècle, telles la fabrique de boutons d’Hermies ou l’usine Pennelier de Bertincourt.Le Transloy est un centre réputé du tissage de la soie, à domicile ou en très petits ateliers : en témoignent les métiers listés dans les recensements : tisseurs, ourdisseurs, trameurs, dévideurs de cocons, facteurs de fabrique.Avant de s’installer au Transloy, l’entreprise de tissage Tripette et Renaud fils possédait une usine tout près, à Sailly-Saillisel dans la Somme. En 1911, ces industriels achètent au Transloy un ancien atelier de dévidage de cocons, sur un petit terrain de 1000 m², et le transforment en atelier de tissage pourvu de cinq métiers. Puis en 1912, ils font construire en prolongement un atelier beaucoup plus grand et multiplient le nombre de métiers.Dans cette usine, on tisse un produit très particulier : des gazes à bluter en soie. Ce tissu léger et transparent, présentant des intervalles très réguliers le distinguant d’un autre tissu, sert avant tout à la meunerie pour le tamisage de la farine, avant d’être utilisé pour d’autres usages.L’atelier décrit dans le dossier est moderne, avec chauffage central et groupe électrogène. Les vingt-huit métiers sont éclairés par autant de fenêtres. Cette organisation suggèrerait une volonté d’amélioration des conditions de travail des tisseurs, souvent confinés dans les caves et victimes fréquentes de la tuberculose.À l’appui de cette hypothèse, on trouve en 1912, période de cherté des denrées alimentaires et du pain, la fondation par Louis Face, directeur des Tissages, d’une coopérative de boulangerie, nommée L’Union pour la vie. Les statuts de cette coopérative civile montrent un état d’esprit concordant avec le modernisme des bâtiments.Une vie éphémèreCes projets n’ont pas eu le temps de faire leurs preuves. Ni l’usine, ni la coopérative ne survivent à la guerre. Dès la "seconde bataille", en septembre 1914, la coopérative ferme ses portes. Les ateliers de tissage, détruits, ne seront pas reconstruits, et sans le dossier de dommages de guerre, nulle image ne subsisterait de cette industrie.

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Actualités
  • Exposition Pleasance, l'été sur la côte d'Opale, 1880-1914
    À l'occasion de l'exposition Pleasance, l'été sur la côte d'Opale, 1880-1914, les archives départementales du Pas-de-Calais ont prêté une dizaine de documents qui illustrent la vie des estivants dans les cités balnéaires du Pas-de-Calais à la Belle Époque.À la fin du XIXe siècle, en quête d’air pur et de nature, la classe aisée se presse sur les plages de la Côte d’Opale. Le développement du réseau ferré facilite le déplacement de cette clientèle citadine, venue directement des grandes villes de la région, de Paris ou d’Angleterre. La création d’hôtels et de villas, accompagnée d’une offre accrue de distractions et de loisirs, participe au phénomène de villégiature, inspiré par le modèle anglais. À la suite de Boulogne-sur-Mer et lui faisant directement concurrence, les stations balnéaires telles que Wimereux, Berck, Le Touquet ou Hardelot se développent, chacune cherchant à mettre en avant la qualité de ses infrastructures.Partageant cet engouement pour le plein air, de nombreux peintres se sont établis sur les rivages du Pas-de-Calais. Intéressés par les reflets changeants de la lumière et l’aspect sauvage des paysages, ces artistes ont partagé la plage avec les marins-pêcheurs au travail et les élégantes venues se divertir.L’exposition du château d’Hardelot, en mettant en avant les œuvres et objets s’intéressant aux estivants, à leurs distractions et aux paysages balnéaires, retrace le contexte historique et local de l’époque.Cette exposition temporaire s’inscrit dans l’évènement Chemin des Peintres de la côte d’Opale organisé par le Département sur les communes du littoral où vous retrouverez une exposition extérieure et des expositions temporaires thématiques chez les partenaires culturels. Programmation complète sur www.pasdecalais.fr Dates et horairesExposition ouverte du 3 juillet au 3 octobre 2021.Du mardi au dimanche de 10h à 12h30 et de 13h30 à 18hTarifsVisite libre: 3€Visite guidée: 5€Gratuité pour les moins de 18 ans, les étudiants de moins de 26 ans, les demandeurs d'emploi et les bénéficiaires du RSA (sur présentation d'un justificatif)Modalités de visiteAchat des billets d'entrée (gratuits et payants) via la billetterie en ligne du château d'Hardelot: https://chateau-hardelot.fr/Agenda/PLEASANCE-L-ETE-SUR-LA-COTE-D-OPALE-1880-1914 Un programme de médiation pour petits et grands est proposé sur la durée de l'exposition: https://chateau-hardelot.fr/Agenda/(mois)/07/(annee)/2021Demandes et renseignements complémentaires par téléphone au 03.21.21.73.65AdresseChâteau d'Hardelot - Centre culturel de l'Entente cordiale1, rue de la source,62360 Condettehttps://chateau-hardelot.fr/ 
  • [Numérisations] Etat civil : actes postérieurs à 1912
    Suivi de la campagne de numérisation et des indisponibilité (Mise à jour : 29/06/2021)
  • Récolement général des fonds et collections
    Un chantier de grande ampleur
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Archives personnelles et familiales 10 Num : Archives familiales de la Guerre 1914-1918 (Grande Collecte)
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