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Réfugiée à la chartreuse de Montreuil, un prélude à quinze ans d’exils

Publié le 13 juin 2018

La guerre civile espagnole (17 juillet 1936-1er avril 1939), déclenchée par le succès partiel du coup d'État des nationalistes contre le Frente Popular, jette sur les routes de l'exil de nombreux républicains au fur et à mesure de l'avancée des troupes franquistes. Ces dernières, après l'échec de la prise de Madrid, se concentrent au printemps 1937 dans le pays basque (bombardement de la ville de Guernica le 26 avril) et Bilbao capitule le 19 juin. Au début de la guerre, les réfugiés rejoignent le plus souvent à titre individuel des membres de leur famille établis en France, mais leur afflux massif pousse le gouvernement Blum à définir en mai 1937 les modalités de l'accueil de ceux sans ressource (contrôle sanitaire, logement dans des centres de regroupement et distribution de vivres et habits essentiellement).

Leur entrée sur le territoire passe le plus souvent par un port de l’Atlantique, tel que Bordeaux, La Rochelle et Saint-Nazaire. C'est dans ce dernier qu'accostent le 13 août 1937 un petit millier de personnes à diriger vers le département du Pas-de-Calais. Le préfet les répartit à peu près équitablement dans les différents arrondissements et 194 d'entre eux, âgés de 2 mois à 87 ans, sont affectés à l'hôpital de la chartreuse de Neuville-sous-Montreuil. Parmi eux, Luisa Altuna Peña, épouse Vizuete, née à Saint-Sébastien le 8 avril 1909. Institutrice à Bilbao, son évacuation a été organisée par la section biscayenne du syndicat communiste des travailleurs de l’enseignement, comme en atteste une mention du 6 juin dans le journal Euzkadi Roja. Elle est accompagnée de son père, de ses beaux-parents, d'une de ses belles-sœurs et de la sœur de cette dernière, épouse de Félix Apaolaza, actif républicain de Portugalete.

Le 29 septembre 1937, le ministre de l'Intérieur Marx Dormoy décide le rapatriement obligatoire des réfugiés à la charge de l'État, à l'exception des malades et des enfants. L'ensemble des pensionnaires de la chartreuse, en dehors d'un conseiller municipal de Bilbao qui se propose de vivre à ses frais avant de rejoindre sa famille à Bayonne, rentrent en train en Espagne, soit par Hendaye le 12 octobre, soit par Latour-de-Carol le 14. Luisa fait partie de ce dernier convoi de 526 personnes, composé également de réfugiés hébergés à Lens et dans la Somme. La frontière est franchie avec l'arrivée à Puycerdan le 15 vers 9 h du matin.

Après son départ, les archives départementales du Pas-de-Calais ne conservent plus d'information sur Luisa ; tout au plus, apprend-on (M 6688/2) que sa sœur Juliana, veuve de Ceferino Martiarena, conseiller municipal de Saint-Sébastien fusillé par les franquistes à Gijón en octobre 1937, se réfugie également quelques mois en 1939 à la chartreuse.

Des mentions sur le web documentent cependant sa vie d'après : mère de Manuel, né le 5 novembre 1938 à Barcelone, elle se réfugie de nouveau, à partir du 30 janvier 1939, avec ses beaux-parents à Ussel (Corrèze), où décède son beau-père – l'ensemble de la Catalogne, dernier bastion républicain, étant entièrement occupé le 10 février – avant de rejoindre le 14 avril 1940 son mari, employé à la cartoucherie de Toulouse. Sa sœur Juliana l'y retrouve également. Luisa Altuna émigre en 1951 au Brésil et est enterrée à Porto Alegre.

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Vue en coupe d'un pont sous-marin.

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