Archives - Pas-de-Calais le Département
Les informations contenues dans cette page ne sont valables avec certitude que jusqu'à cette date et heure.

Enquête nationale auprès des internautes des sites d'archives

Votre avis nous intéresse : il nous permettra de mieux vous connaître pour mieux répondre à vos attentes.
Merci par avance de prendre quelques minutes pour répondre à l'enquête dont une version existe en anglais, et de le faire à l’issue de votre visite sur notre site. 

Pour en savoir plus sur l'enquête et retrouver le lien vers le questionnaire à tout moment, consultez l'article dédié dans la rubrique Actualités

L’engagement des troupes indiennes

La bataille de Festubert (23 et 24 novembre 1914)

Fortement éprouvée par les combats de l’été 1914, la force expéditionnaire britannique fait appel aux unités militaires déjà constituées de sa colonie des Indes, afin de renforcer ses troupes et le corps de cavalerie français. Avec l’armée britannique, l’Indian Corps est en effet le seul à être organisé en divisions et opérationnel rapidement.

Dessin montrant deux soldats indiens au premier plan. Derrirèe eux se trouve un crucifix.

Dessin extrait de "British and indian troops in the northern France. 70 war sketches by Paul Sarrut, 1914-1915." Archives départementales du Pas-de-Calais, 3 Fi 608.

De 1914 à 1915, celui-ci s’illustre vaillamment lors des batailles de :

  • Neuve-Chapelle (28 octobre et 2 novembre 1914 puis du 10 au 13 mars 1915),
  • Festubert (23 et 24 novembre 1914, 16 mai 1915),
  • Givenchy (19 au 22 décembre 1914),
  • Aubers (9 mai 1915) et
  • Moulin de Piètre (25 septembre 1915).

L’arrivée des troupes indiennes sur le sol français

Carte postale noir et blanc montrant des soldats indiens souriant décharger des baages de leurs montures.

La Guerre dans le Nord - l'Armée Indienne débarque près du Front. Archives départementales du Pas-de-Calais, 12 J 356/70.

Les divisions Lahore et Meerut, appartenant à l’armée des Indes sous commandement britannique, débarquent à Marseille en septembre 1914. De là, elles rejoignent par voie ferrée les unités françaises et britanniques sur le front du nord, qui tend à se fixer progressivement.

Dans la nuit du 19 au 20 octobre, des milliers d’Indiens de la division Lahore arrivent dans les gares d’Arques et de Blendecques, puis installent leur cantonnement autour de Saint-Omer.

La Meerut Division arrive ensuite sur le secteur de Lillers, avant d’être dirigée sur les lignes de Neuve-Chapelle-Festubert-Givenchy, où le 2e Corps d’armée britannique, composé de quelques centaines d’hommes seulement, peine à contenir les attaques allemandes après un mois de durs combats. Le 27 octobre, l’Indian Corps entre en scène pour la première fois aux côtés des soldats français dans le secteur de Neuve-Chapelle. C’est dans cette zone humide, traversée par des tranchées boueuses, qu’il va tenir ses positions pendant un an.

L’attaque des 23 et 24 novembre 1914

Journal en sanskrit en arabe.

Nouvelles de "Jank" et illustrations. Journal en sanskrit et en arabe, relatif aux troupes hindoues engagées dans la guerre, 17 juin et 17 décembre 1915. Archives départementales du Pas-de-Calais BHD 657.

Face à lui, se trouvent les soldats du 112e régiment d’infanterie badois. Depuis leur arrivée, ces derniers creusent des tranchées menaçant les positions indiennes. Le climat rigoureux, la neige plus tard, rendent les conditions de vie extrêmement éprouvantes pour des hommes qui ne sont pas habitués à ce genre de climat.

Le 23 novembre 1914, à l’aube, les Allemands attaquent les lignes tenues par les troupes indiennes devant Festubert. Les premières grenades s’abattent sur la tranchée du secteur centre. Les officiers ne parviennent pas à imposer le calme.
Pris de panique, de nombreux Indiens s’enfuient, d’autres sont tués en sortant de leurs parapets. Les Allemands en profitent pour avancer sans difficulté dans les tranchées ennemies. Au cours de la journée et de la nuit du 24, les Britanniques parviennent tout de même à contre-attaquer grâce aux unités de Gurkhas.

En à peine deux jours, 1 171 Indiens sont mis hors de combat

La situation est critique et les pertes nombreuses pour une seule ligne de tranchée reconquise : en 24 heures, 1 171 soldats britanniques et indiens sont tués, blessés ou portés disparus. Le 12 décembre, l’Indian Corps relève les Français près de La Bassée.

Dessin noir et blanc montrant deux hommes indiens dans une pièce de vie, l'un assis l'autre debout,

Dessin extrait de "British and indian troops in the northern France. 70 war sketches by Paul Sarrut, 1914-1915." Archives départementales, 3 Fi 608.

En un peu plus d’un an, le Corps indien comptabilise plus de 34 000 pertes, tués (7 000), blessés ou prisonniers de guerre. Privé de renforts, il quitte le Nord et le Pas-de-Calais pour la Mésopotamie en septembre 1915. Seules deux divisions de cavalerie restent impliquées dans les combats en tant que forces de réserve et ce, jusqu’en mars 1918.

Des soldats aux origines ethniques variées dans l’enfer des tranchées

L'organisation militaire de l’Indian Corps compte des combattants issus d’origines ethniques, linguistiques et religieuses diverses. On distingue notamment les Rajputs, les Pathans, les Jats et les Gurkhas. Trois religions prédominent : l'hindouisme, le sikhisme et la religion musulmane.
La communauté Sikh est la plus représentée dans l'armée indienne de 1914. Sa culture est bien différente de celle des Occidentaux : les Sikhs, avec les Gurkhas, ne cessent d’attiser sur leur passage la curiosité des habitants du Nord et du Pas-de-Calais.

Tous souffrent des conditions de vie dans des tranchées précaires, constamment inondées. Le climat froid et humide entraîne de multiples risques de pneumopathie. S’y ajoutent des problèmes digestifs en raison du changement de nourriture et de la consommation d'eau non potable.

Carte postale noir et blanc montrant des indiens en train de dépecer des bêtes.

La Guerre dans le Nord - La boucherie des Hindous - Le Sacrificateur. Archives départementales du Pas-de-Calais, 12 J 356/87.

Voir aussi

Les troupes indiennes sur le front d'Artois sur le site Chemins de mémoire 14-18