Archives - Pas-de-Calais le Département
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Le site internet des Archives fait peau neuve !

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Les comptes de l’hôpital d’Hesdin (1323-1342)

La série A des Archives départementales du Pas-de-Calais conserve une grande quantité de documents d’origine comptable, en particulier, sous les cotes A 890-892, plusieurs comptes provenant de l’hôpital Saint-Jean-l’Évangéliste d’Hesdin et couvrant la période 1323-1342 (série de huit rouleaux de parchemin).

La présence de ces documents dans les archives des comtes d’Artois, surprenante en apparence, s’explique facilement : l’hôpital d’Hesdin ayant été fondé par Mahaut, comtesse d’Artois, le receveur de cet établissement devait rendre des comptes à la fondatrice (et à ses successeurs). Il ne s’agit donc pas ici des comptes conservés par l’hôpital (qui ont entièrement disparu), mais des doubles originaux adressés pour contrôle à l’autorité de tutelle.

Leur contenu est très intéressant pour l’étude de la vie quotidienne (prix des denrées alimentaires), mais aussi pour celle de la langue, car le texte, rédigé en français, présente de nombreuses formes purement picardes, que l’on retrouve souvent dans notre "patois" actuel (géniche, bos, carbon, candelle, fien, gardin, vaque, keval, paiele, etc.).

En voici quelques exemples, extraits du compte de l’année 1323-1324 (A 890/1) :

"Item du baillu d’Ayre pour VI rasières de blé que il avoit rechutes du molin de
Maullingehem depuis le saint Jehan l’an M CCC XXII [1322] juskes à le Saint-Martin
ensuiwant après que mesires Jehans Bridouls y entra, des quels VI rasières de blé me
sires Jehans Bridouls n’avoit fait nul conpte, rechut du dit baillu LIIII s. [54 sous].

Item rechut de Robert Escarbote, censier de Maullingehem, pour le tere de Moligehen d’une anée, ch’est à savoir pour le terme du Noel
l’an M CCC XXIII [1323] et pour le terme de le Paske et de le Saint-Jehan ensuiwant après : IIIIXX lib. [80 livres]".

Texte manuscrit retranscrit ci-contre.

Comptes de l’hôpital Saint-Jean-l’Évangéliste d’Hesdin. Archives départementales du Pas-de-Calais, A 890/1.

"Pour une géniche acatée pour metre encraisier au bos et cousta XIX s. VI d.".
Pour une génisse, achetée pour mettre à engraisser au bois, qui coûta 19 sols 6 deniers.

"Pour IIII pourchiaus de quoi on fist bacons : VII livres".
Pour quatre porcs dont on fit des jambons : 7 livres.

"Pour IIII cens et demi de herenc acaté III s. le cent valent XIII s. VI d.".
Pour 450 harengs achetés à 3 sous le cent : 13 sous 6 deniers.

"Pour aucunes pourvanches pour l’an MCCCXXIII, chest asavoir pour carbon, candelle de cire et de buef et pour ole".
Pour quelques provisions pour l’année 1323, c’est à savoir pour du charbon, de la chandelle de cire et de bœuf et pour de l’huile.

"Pour abatre saus d’entour le vivier".
Pour abattre les saules autour du vivier.

"Pour IX sas de carbon, XX d. le sac, valent XV s.".
Pour neuf sacs de charbon, à 20 deniers le sac : 15 sous.

"Pour XXVI livres de candelles de siu acatées à I marceant de Saint Aumer".
Pour 26 livres de chandelles de suif achetées à un marchand de Saint-Omer.

"Pour les V bestes mener à tor III d. pour le beste, valent XV d.".
Pour mener les cinq bêtes au taureau, à trois deniers par bête : 15 deniers.

"Pour plante, semenche et pour fiens à metre ou garding".
Pour les plants, la semence et le fumier à mettre au jardin.

"Pour I quartier de lingniuse à semer el dit garding".
Pour un quartier de graines de lin pour semer dans ledit jardin.

"Pour faukier l’erbe du dit garding".
Pour faucher l’herbe dudit jardin.

"A l’estaule des pourchiaus, à l’estaule des vakes et à l’estaule de men keval".
A l’étable des porcs, à l’étable des vaches et à l’étable de mon cheval.

"Pour I tonnel de vin deskerkier".
Pour décharger un tonneau de vin.

"Pour une paiele d’araing à keue et pour une sans keue".
Pour une poêle d’airain à queue et pour une sans queue.

"Pour XXIIII ramons".
Pour 24 balais.

"Pour VIII ais à faire les huis de l’estaule".
Pour huit planches pour faire les portes de l’étable.

"Pour le mole du molin".
Pour la meule du moulin.

"Pour le despens des homes qui alerent quere le dite mole".
Pour la dépense des hommes qui allèrent chercher ladite meule.

Commentaires (4)

DENEUVILLE Alain

le picard est notre langue, c'est la langue qu'utilisaient nos ancêtres, elle descend de la langue d'oïl parlée au nord de la Loire jusqu'en Belgique, nos amis Belges ont reconnu le picard comme langue régionale le 24 décembre 1990, nous devons en faire autant, belle découverte que ce parchemin qui prouve a tout ceux qui en doutaient que le picard est une langue.

Le 13 décembre 2014 à 16h49

Landrieux Sébastien

Je dirai plutôt qu'un bon nombre de mots utilisés dans notre patois proviennent de l'ancien français parlé au moyen age ...

Le 13 novembre 2013 à 13h59

zmuda bruno

on retrouve un bon nombre de mots du patois Boulonnais , encore parlé de nos jours . ( paiele , herenc , pourchiaux , gardin ....)

Le 09 août 2013 à 19h24

HUMBERT Christian

Mes ancêtres calaisiens devaient la parler. Moi je parle plutôt le gascon.
Mais quelle surprise de voir que

Le 20 juillet 2013 à 14h16

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